jeudi, mars 09, 2017

Miss Sloane

Voici le cinéma américain tel que je l'aime avec ses causes « nobles », ses références aux livres de Grisham (c'est le livre de chevet de Miss Sloane!) et ses procès spectaculaires. Ici tous ces ingrédients sont réunis avec la dénonciation des pouvoirs médiatiques, politiques, juridiques et c'est Jessica Chastain qui reprend le flambeau des grandes actrices pourfendeuses de torts telles que l'avait fait Julia Roberts. Elle en a le panache et l'envergure avec une dimension déséspérée plutôt réjouissante.
Tout ceci n'est bien sûr que du cinéma et certains préféreront l'approche plus intimiste, plus sobre de Loving qui choisissait de coller à une réalité quotidienne de la persécution moins démonstrative.
A vous de juger, car cette fois on y va pour l'évasion qu'offre le septième art !

mardi, novembre 29, 2016

Alliés


C'est un thriller romantique dont le casting et les images glamour nous emmènent pour la première partie se situant à Casablanca en 1942 dans le meilleur de l'univers du cinéma hollywoodien. 
Mais  dans la seconde qui se situe à Londres, l'alchimie du couple Brad Pitt- Marion Cotillard  cesse d'être un atout suffisant car rattrapé par l'Histoire et les bombes le réalisateur ne parvient pas à créer l'émotion et à rendre crédible  les péripéties autour de cette love story vouée à l'échec. Pauvre Brad Pitt toujours condamné au cinéma aux histoires d'amour qui finissent mal! Ainsi les scènes tournées dans la prison de Dunkerque paraissent totalement surréalistes.

Rupture pour tous

Une bonne idée de scénario et de start- up pour cette comédie anti-romantique nous racontant -plutôt sous forme de sketchs-les aventures du fondateur d'une entreprise dénommée Love is dead. Les dialogues sont drôles, les situations cocasses et les acteurs bien castés . Néanmoins ces jeunes acteurs semblent tous jouer en solo comme si chacun faisait la promotion de son futur one -man show ; mais parmi les plus anciens, le personnage et la prestation Brigitte Rouan apportent une dimension moins bobo branchée un peu plus touchante.

Les Pépites

Ce documentaire filmé par des jeunes apprentis cinéastes de l'association PSE ( Pour un Sourire d'Enfant) dont la devise est « de la misère à un métier »et monté avec des vidéos personnelles de ses fondateurs résonne comme un coup de poing dans l'estomac .
 Il nous raconte comment a grandi une ONG menée par un couple de retraités français installé au Cambodge qui s'est fait un devoir et une raison de vivre de recueillir, d'adopter ou d'accueillir des enfants qui vivaient sur et par les décharges de Phnom Penh. Longtemps après la séance on ne regarde plus passer les camions poubelles sans arrière-pensées.....Cette ONG accueille maintenant 7000 enfants et il y en a beaucoup d'autres au Cambodge car l'économie du pays compte sur elles....
Une autre dimension du cinéma  pour laquelle je ne serai pas critique mais simplement rapporteuse!

vendredi, novembre 25, 2016

Une Vie

En cette journée contre les violences faites aux femmes, le choix de ce film s'impose. Le livre de Maupassant est d'une force inouïe et j'avais apprécié lors de sa lecture des notes qui comparaient les destins tragiques de ces trois femmes Jeanne, Thérèse Raquin et Emma Bovary qui représentent trois sommets de cette littérature consacrée aux femmes du 19ème siècle avant que la Grande Guerre leur donne une autre place dans la société. C'est peu de dire que j'attendais beaucoup et donc trop de cette nouvelle adaptation cinématographique.
 La forme m' est apparue très décevante avec retours en arrière, multiplication des mêmes images et même aussi m'a-t-il semblé une mauvaise direction d'acteurs.....
Sans doute est-il normal de s'ennuyer lorsque l'on vous raconte une vie si vide et uniquement tournée vers des aspirations faussées par des images de bonheur terriblement utopistes! Dommage car avec Mademoiselle Chambon Stéphane Brizé  avait su nous charmer et nous montrer qu'il pouvait être au plus près d'une oeuvre parlant de femme...

samedi, novembre 19, 2016

Maman a tort

Le stage d'observation de troisième! Le sujet m'intéresse et j'ai regardé le film à la façon d'un documentaire.
 C'est la jeune stagiaire qui est au centre de la narration et qui juge avec parti pris, fougue et parfois rancœur le monde des adultes, je n'ai pu donc qu'...observer n'ayant pas une connaissance suffisante du monde des ados pour juger de la pertinence de cette mise en situation.
Le ton humoristique, le soin à reconstituer les détails du quotidien m'ont permis d'apprécier la forme. Marc Fitoussi, le réalisateur, sait  être sociologue et  rend  bien compte de la subtilité et de  l’ambiguïté des relations familiales qu'il s'agisse du couple (La Ritournelle) ou des relations mère-fille (Copacabana)
Mais j'ai finalement  regretter qu'il ne s'agisse pas d'un documentaire car le scénario n'a pas hésité à  privilégier à nouveau la mise au ban de l'entreprise en choisissant forcément de dénoncer des pratiques scandaleuses...

Planetarium

Un film que j'ai trouvé long, brouillon, inutilement sophistiqué. Le tournage du film dans le film permet de privilégier des beaux plans de cinéma et les performances d' acteurs prestigieux (ainsi Ntahalie Portman doit-elle jouer une actrice débutante! Quant aux scènes de Louis Garrel elles m'ont  semblé vraiment superfétatoires. En revanche, la jeune Lily-Rose Depp révèle une nouvelle fois, arès La Danseuse un vrai talent, en incarnant l'une des deux sœurs avec profondeur, émotion et légèreté.
La lecture a posteriori de la critique de Louis Guichard m'a définitivement convaincue que la cinéphilie est une discipline à laquelle il est bien difficile  de se former à partir d'un certain âge - surtout si le spiritisme vous est tout à fait abscons! En effet je n'avais pas vu que la scène de projection des images qui auraient du être obtenues en scannant une séance de phénomènes paranormaux montre bien qu'au cinéma comme ailleurs l'essentiel est invisible pour les yeux.......et c'était même écrit sur l'affiche !

Iris

Un thriller aux rebondissements multiples et sophistiqués qui serait le remake d'un film japonais de 1999 -Chaos- qualifié à sa sortie de Hitchkokien. Et pour séduire définitivement, cette version joue ouvertement la carte érotique . C'est plutôt réussi car les images sont belles et les acteurs bien dirigés par Jalil Lespert (Yves St Laurent avec Pierre Niney) qui ne renonce pas à être ici aussi l'un des deux personnages masculins principaux (il avait été le Petit Lieutenant de Xavier Beauvois).
L'opposition un peu primaire entre le monde du prolo, Romain Duris qui retrouve ici le registre de Petit Boulot et celle du grand banquier- qui ici à défaut d'être véreux a des pratiques sexuelles sadomasochistes- n'a pas manqué bien sûr de heurter certains critiques . Le film est généralement mal noté car on peut contester la vraisemblance du scénario. Encore faut-il être vigilant pour souligner les invraisemblances -en particulier que ce grand patron ne peut connaître un détenteur d'un   prêt hypothécaire bien modeste.... un critique n'a pas vu que le garagiste avait été profilé numériquement....Et le couple improbable de la BRI chargée de l'enquête rappelle trop c'est vrai le téléfilm français ( mais permet à Camille Cottin de continuer son irrésistible ascension).
Je serai finalement moins sévère et j'ai apprécié un bon moment de cinéma à réserver à un public averti- interdit au moins de 12 ans est maintenant un vrai avertissement sur le niveau de sexe et /ou de violence...

samedi, novembre 12, 2016

Le Client

De retour à Téhéran, le réalisateur Asghar Farhadi semble nous refaire une version de La Séparation. Prix d'interprétation masculine à Cannes, soit, mais aussi prix du scénario voilà qui m'a semblé bien étonnant, car si l'affiche annonce « captivant » j'ai pensé le contraire ! Bien sûr il s'agit de fêlures, de censure, d'intrusion et donc de blessures de l'âme et d’empêchements moraux plutôt que d'action et le côté pesant est très bien ressenti mais c'est néanmoins une déception . Pour tous ceux qui n'ont pas vu son film français le Passé, privilé
giez ce visionnage !

Mademoiselle

Le réalisateur coréen signe une ode vibrante aux femmes, leur droit à la liberté,leur beauté, leurs amours dont le libertinage et le plaisir – entre elles exclusivement- ne doivent pas connaître de limites....Les hommes:l'oncle tel Barbe-Bleue et l'escroc gentleman sans scrupule ont donc les très mauvais rôles  mais ce seront les perdants. ..après trois actes riches en surprises diverses..... D'une beauté formelle époustouflante, ce film est réservé à un public averti car les références à Sade et aux amours saphiques sont explicites et explicitées.

Le mystère Jérôme Bosch

Le titre nous rassure, même après avoir vu ce documentaire  le tryptique Le Jardin desDélices conservé au Prado ne nous apparaît toujours pas d'une lecture facile ! Seul le premier panneau est d'une facture classique puisqu'il représente le Christ (peint sous les traits de l'artiste), la nouvelle Eve ( l'Eglise) et le nouvel Adam. Pour les deux autres, l' Eden et l'enfer c'est un monde surréaliste ( d'ailleurs Dali a pu s'en inspirer), qui tient à la fois de la science fiction tout en s'inspirant aussi des représentations moyenâgeuses des tapisseries des mille fleurs et de bien d'autres figures de l'amour courtois ou non.....Les artistes interrogés s'interrogent et nous conseillent de contempler et de méditer plutôt que de comprendre, alors un documentaire un peu vain qui s'écoute … oui et non ; c'est plus confortable de scruter les détails innombrables dans un fauteuil de cinéma plutôt que dans une foule de musée !

Mal de pierres

L'interprétation vraiment remarquable de ce drame sentimental (Marion Cotillard à nouveau exceptionnelle, mais aussi son partenaire l'espagnol Alex Brendemuhl et sa mère Brigitte Rouan et bien sûr Louis Garrel qui sait rester sobre dans ce rôle romantique) nous donne à regretter que le scénario ne soit pas plus étoffé ; traité comme une adaptation littéraire il souffre du fait que cette histoire semble tirée des Veillées des Chaumières -c'est en fait un roman écrit par une italienne, publié en 2006) alors que l'on nous présentait l’héroïne comme la nouvelle Madame Bovary ! Oui certes il est question de féminisme, de rêves et de fantasmes mais on est en 1950 et Gabrielle ne paraît pas si mal lotie par rapport à beaucoup d'autres !

Voyage à travers le cinéma français

3H11 de cinéclub avec un animateur oh combien érudit, humaniste et vif ! C'est ce climat que nous a réservé cette séance- dans un grand complexe multisalles!- où le public averti (et pas très jeune) écoutait avec ferveur ce réalisateur d'exception (Bertrand Tavernier, bien sûr); un très bon moment bien qu'il s'agisse d'un cinéma que je ne connais pratiquement  pas. Vivement le deuxième volet !

lundi, octobre 24, 2016

Le Ciel attendra

Ce film combine harmonieusement, sur un sujet brûlant d'actualité, l'aspect documentaire et la narration cinématographique. C'est ainsi que l'on voit évoluer ensemble Dounia Bouzar à la fois consultante pour le film et interprète de son propre rôle et deux actrices Clothilde Courau et Sandrine Bonnaire très habitées par leur personnage de mères des deux jeunes filles embrigadées par DAESH. La méthodologie nous apparaît clairement et le scénario qui va nous conter parallèlement la dé radicalisation de l'une et le départ de l'autre nous projette au cœur de la souffrance des proches. Un film utile et bien fait.

La Danseuse

C'est un premier film français, on est bien loin donc d'un biopic à l'américaine réglé au millimètre même si le film démarre comme un western dans l'Amérique profonde et brutale(l'Illinois)! La réalisatrice choisit le mode intimiste pour nous raconter le destin dramatique de cette jeune femme rustre et volontaire et s'éloigne largement de la réalité de la vie amoureuse de l'artiste en inventant le personnage du comte d'Orsay. Elle privilégie l'esthétisme dans des scènes sur lesquelles elle s'attarde longuement. C'est donc une impression de longueur surtout vers la fin qui prédomine ou seule l'apparition d'Isadora Duncan amène pour nous un brin de légèreté et pour l’héroïne le déclin inéluctable. La qualité de l'interprétation de tous les personnages permet néanmoins de ressentir une réelle empathie pour Loie Fuller, créatrice de spectacles.

jeudi, octobre 13, 2016

Divines

Emotion et réflexion, le pari de la réalisatrice qui a obtenu la Caméra d'Or à Cannes est gagné, elle n'a pas fait un ènième « film sur la banlieue ».L'empathie y est bien réelle et cette « ruée vers l'or » de trois filles magnifiquement interprétées qui va justifier la descente aux enfers de la plus jeune, et se terminer nécessairement en tragédie nous apparaît une évidence. A la fin, nous assistons nous aussi, oppressés et inutiles à l'impasse sociale et au drame humain.
Mais l'intelligence de la jeune Dounia,ses qualités de cœur et son énergie nous réservent  aussi de beaux moments où l'on s'échappe avec elle dans cet élan sensuel pour un corps qui se met à nu dans la danse ou pour une virée au volant d'une Ferrari...